Former des diplômé·es capables d’évoluer dans un environnement international fait partie de l’ADN de l’Université de Liège. Chaque année, de nombreux Alumni ULiège poursuivent leur parcours bien au-delà des frontières européennes, contribuant au rayonnement de l’expertise belge à l’étranger.
Parmi eux, Antoine Delwaide, diplômé du Master ingénieur civil électromécanicien (2020) de la Faculté des Sciences Appliquées, illustre parfaitement cette dynamique. Son parcours professionnel l’a mené de Bruxelles aux États-Unis grâce au Fonds Prince Albert, une initiative soutenant le développement international des entreprises belges.
Le Fonds Prince Albert : accélérateur de carrières internationales
Hébergé par la Fondation Roi Baudouin, le Fonds Prince Albert (PAF) est un programme de référence qui permet à de jeunes professionnel·les talentueux·ses d’acquérir une expérience concrète en développement international hors Europe, au service d’entreprises belges.
Depuis sa création en 1984, le fonds a permis à plus de 600 jeunes leaders de mener des projets internationaux pour plus de 300 entreprises belges, contribuant ainsi à renforcer la présence économique belge dans le monde.
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Un parcours entre ingénierie, entrepreneuriat et stratégie
Après l’obtention de son diplôme à l’ULiège, Antoine Delwaide débute sa carrière comme analyste des marchés de l’énergie chez Engie Impact à Bruxelles. Quelques années plus tard, il saisit l’opportunité offerte par le Fonds Prince Albert et s’envole pour Atlanta afin de développer les activités américaines de Sensolus, une scale-up belge spécialisée dans les solutions de traçage d’actifs logistiques.
Cette expérience internationale marquera une étape déterminante dans son parcours, lui permettant d’explorer de nouvelles responsabilités, d’élargir ses compétences et d’acquérir une vision globale du développement d’entreprise. De retour en Belgique, il a récemment rejoint le cabinet de conseil en stratégie Boston Consulting Group.
Nous lui avons posé quelques questions sur son parcours et son expérience internationale.
Interview d’Antoine Delwaide
Pouvez-vous nous décrire brièvement votre parcours professionnel après votre diplôme de l'ULiège ?
J’ai commencé ma carrière comme analyste des marchés de l’énergie chez Engie Impact à Bruxelles, où je suis resté 2 ans. Je suis ensuite parti 3 ans à Atlanta pour lancer les activités de Sensolus, une scale-up gantoise qui développe des solutions de traçage d’actifs dans les processus logistiques. Il y a quelques mois, je suis rentré à Bruxelles et j’ai rejoint le cabinet de conseil en stratégie Boston Consulting Group.
Dans quel cadre êtes-vous parti aux États-Unis ?
J’ai obtenu la bourse du Fonds Prince Albert, qui permet à de jeunes travailleurs de moins de 30 ans de développer un projet pour une entreprise belge en dehors de l’Europe. Via ce fonds, j’ai pu rencontrer presque 40 entreprises avec des projets très variés. Au final, j’ai opté pour Sensolus car j’ai directement accroché avec l’équipe et le produit. J’étais également très emballé à l’idée de démarrer un projet à partir de rien aux USA.
Qu'est-ce que vous en avez retiré personnellement et professionnellement ?
Ça a été une aventure très enrichissante pour moi : avec assez peu d’expérience professionnelle, j’ai découvert un nouveau secteur, un nouveau marché et un nouveau rôle, tout en ayant seulement 12 mois pour avoir un impact.
Sur le plan professionnel, ce projet m’a permis d’acquérir une vision très large de la gestion d’une entreprise en croissance et de son développement international. J’ai été exposé à des tâches très variées allant de la vente et du marketing à la gestion des ressources humaines ou de la logistique douanière.
J’ai beaucoup gagné en autonomie et en confiance, et j’ai appris à naviguer assez rapidement sur des sujets que je ne maîtrisais pas. En particulier, je trouve que devoir promouvoir de nouveaux produits sur un marché aussi compétitif que les États-Unis a été particulièrement instructif. Au final, cette exposition à des sujets si variés m’a aussi permis de mieux définir ce qui me plairait pour la suite de ma carrière.
Sur le plan personnel, cette expérience m’a permis de voyager pendant 3 ans aux 4 coins des États-Unis, que je connaissais beaucoup moins bien que je ne le pensais. J’ai également fait des rencontres formidables, notamment d’autres alumni du Fonds Prince Albert.
Selon vous, qu'est-ce qui rend un profil d'ingénieur civil électromécanicien particulièrement attrayant dans ce genre de contexte ?
De manière générale, je pense qu’avoir une formation technique est toujours un atout lorsque l’on essaye de vendre un produit technique. En Europe, nos vendeurs sont généralement accompagnés d’ingénieurs lorsqu’il s’agit de trouver une solution aux problèmes de nos clients.
Dans ma situation, ce n’était pas possible au début en raison de la distance et du décalage horaire. Le fait d’avoir une bonne connaissance de nos produits sur le plan technique m’a permis de gagner beaucoup de temps dans le processus de vente. Cela rassurait aussi les clients américains réticents à acheter des produits techniquement complexes à une entreprise dont le support technique était basé en Europe.
Par ailleurs, nos produits reposent sur les réseaux de télécommunication qui diffèrent d’un pays à l’autre. Des ajustements ont été nécessaires les premiers mois et là encore, le fait d’avoir une bonne compréhension technique des produits a été essentielle pour développer rapidement des solutions adaptées.
Selon moi, il est nettement plus simple de partir d’une base solide sur le plan technique et de développer ses compétences commerciales par la suite que l’inverse.
Que conseilleriez-vous aux Alumni qui travaillent sur le développement international d'un produit ou service ?
J’aurais trois conseils à leur donner.
Tout d’abord, je leur recommanderais d’apprendre au maximum de l’expérience des autres : échanger avec ceux qui ont déjà relevé ce défi et comprendre leurs réussites et échecs fait gagner un temps précieux.
Ensuite, je pense qu’il faut capitaliser au maximum sur ce qui existe déjà en Belgique ou en Europe, par exemple en s’appuyant sur des clients existants disposant de filiales à l’étranger. Les premières références sont clés et étendre des contrats existants à l’étranger est une opportunité relativement simple de s’établir comme un acteur sérieux dans un nouveau marché.
Enfin, je leur recommanderais vivement d’aller le plus possible à la rencontre de clients ou de partenaires potentiels, même sans intention de leur vendre immédiatement. C’est généralement de ces échanges que naît une meilleure compréhension du marché local.
